
Depuis 2021, PeaceNexus a apporté son soutien au Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO) et à une coalition d’organisations de la société civile birmane dans le cadre d’une procédure de plainte liée au retrait de Telenor de Birmanie. L’affaire a fait l’objet d’une médiation par le Point de contact norvégien (PCN) de l’OCDE et a mis en évidence l’importance cruciale d’un désengagement des entreprises tenant compte des conflits.
À la suite du coup d’État de 2021, la coalition de la société civile birmane a dénoncé le fait que Telenor n’avait pas respecté la politique de l’OCDE en matière de gestion des risques liés aux droits humains lors de la vente de ses activités et de son retrait du pays, et que, par conséquent, les données avaient été utilisées par la junte militaire pour commettre des violations des droits humains. Tout au long de ce processus de quatre ans, PeaceNexus a travaillé en étroite collaboration avec SOMO et la vaste coalition de la société civile pour rassembler et communiquer des preuves et élaborer des positions communes en vue des dialogues avec l’entreprise.
La médiation s’est conclue en décembre 2025 sans accord final sur les mesures de réparation pour les plaignants. La déclaration finale du Point de contact national (PCN) a conclu que Telenor n’avait pas exercé de diligence raisonnable en matière de droits humains conformément aux Principes directeurs de l’OCDE et a recommandé que l’entreprise joue un rôle actif dans la mise en place de mesures de réparation, notamment en poursuivant son engagement dans le cadre d’un mécanisme d’aide à la sécurité numérique au Myanmar. L’affaire fait désormais également l’objet d’une procédure civile liée au partage présumé de données avec la junte militaire et aux préjudices qui en découlent.
Même si la médiation n’a pas abouti à un accord définitif, la collaboration avec PeaceNexus a permis de faire évoluer la réflexion collective sur ce à quoi pourrait ressembler une réparation significative dans un contexte à haut risque. Leur soutien a permis un engagement continu et structuré ainsi qu’un apprentissage mutuel, notamment sur les limites pratiques et les opportunités de la médiation dans des contextes fragiles.
Joseph Wilde-Ramsing, directeur du plaidoyer, SOMO